Bestherapie : Ateliers et therapie familiale à Mulhouse ( Haut Rhin), Alsace

Groupes de soutien vs Ateliers vs Groupes d’entraide (12 Pas)

elephants petitVoilà quelques questions reçues en ligne auxquelles je vais répondre ici: « C’est quoi le but des ateliers dans mon cabinet ? » Quelle est la différence entre un atelier, un groupe de soutien et les Groupes de 12 Pas ?« A qui s’adressent les ateliers (catégories/thèmes etc) et quelles sont les règles pour y participer ? »

Les ateliers (workshops) peuvent être différents (comme structure, méthodes, nombre des participants). La déontologie professionnelle du thérapeute, sa personnalité, sa capacité d’aller vers les autres sont des atouts importants pour l’efficacité thérapeutique.

J’ai mis en place des ateliers bilingues (pour des personnes qui parlent l’anglais aussi) et comprennent plusieurs types d’activités partagées en deux catégories:

–          Les ateliers pour développer des aptitudes spécifiques ont le but d’améliorer certaines aptitudes : la confiance en soi, l’estime de soi, la prise de parole en public, pratiquer la Communication Non Violente, la PNL, mieux communiquer avec les personnalités difficiles au travail, avec ses enfants / ados, la famille monoparentale etc. Ces activités, ce dialogue peuvent créer en lien naturel, spontané entre les participants (souvent il y a des amitiés sincères qui continuent après la fin des réunions du group).

–          Les ateliers / groupes de soutien sont orientés surtout sur des aspects thérapeutiques et s’adressent aux problèmes plus spécifiques : dépasser l’anxiété, le deuil, la colère; pour les ados – harcèlement scolaire, faire face à une famille recomposée, aux changements etc.

Voilà quelques exemples des groupes formés au sein de mon cabinet :

Les ateliers pour les familles monoparentales s’adressent aux personnes qui :

–          Se remettent après un divorce, un deuil (qui participent parfois à d’autres types de thérapies, individuelle, familiale ou de couple dans mon cabinet) et qui veulent apprendre s’ils peuvent/doivent assumer un rôle de mère et de père pour mieux élever leurs enfants, des solutions possibles pour gérer la communication et le stress au quotidien ;

–          Vivent dans une famille recomposée; faire face aux changements, s’adapter à un nouveau style de vie etc

–          ont des enfants sans être en couple, depuis très jeunes, qui apprennent à faire face aux problèmes quotidiens (comment gérer son temps, son enfant, ses soucis liés au stress, à la pression, au finances etc)

–          Autres (échange d’informations liées aux expériences des enfants à l’école, stress etc)

Note : Les ateliers / groupes de soutien sont souvent composés par des personnes qui participent à une autre thérapie ( individuelle, du couple, autre) :

– Exemple:  Anxiété;  Anxiété sociale;  Perfectionnisme;  Gérer sa colère; Vivre un deuil; Culpabilité (apprendre à se pardonner & à pardonner aux autres); Compulsions;  Addictions (tabac, dépendance affective etc)

–          Soutien aux co-dépendenants / dépendance affective (comment aider l’autre tout en s’aidant soi-même, dépasser le déni, recréer un environnement / une relation saine pour soi, pour son couple, sortir d’une relation d’emprise, etc)

–          Accompagnement vers le changement (refaire sa vie affective) ; suivre son partenaire dans un autre pays / déménager, changer son métier, reconversion professionnelle;

–          Groupe de soutien pour les femmes : épanouissement dans le couple (affectivité, sexualité, dépression, manipulation etc), relations saines, maternité, gestion des émotions, vieillir, faire face au changement (reconversion professionnelle, nouveau partenaire etc

–          Groupe de soutien qui s’adresse aux couples (mixtes : différences culturelles, médiation, vivre avec les beaux-parents, problèmes de compatibilité, éducation de l’enfant, mieux gérer le stress – soucis financiers, perte d’emploi, soutenir son partenaire etc)

–          Groupe de soutien pour les « enfants adultes » (vivre avec la dépendance ou  la maladie d’un parent au quotidien : alcoolisme, problème d’adaptation ou de socialisation etc)

Dans le cadre d’un atelier / groupe de soutien, je suggère aux participants de retenir les aspects généraux, des principes de base à suivre :

–          La confidentialité et le respect de parole de chaque participant qui choisit le partage de ses idées.

–  L’écoute active, l’échange thérapeutique (à son rythme, chacun peut dévoiler des aspects de lui-même sans crainte d’être jugé. Le cadre est précis, limité, mais accueillant, confortable, agréable.

–          Chaque groupe / atelier est formé de maximum 4 / 6 personnes pour assurer le relationnel, la cohésion et l’atteinte des objectifs.

–          Chaque personne est reçue en consultation individuelle afin de bien déterminer ses objectifs et l’affecter au groupe/atelier adapté, de commun accord.

–          Méthodes pratiques : jeux de rôles, PNL, CNV, feuille d’exercices, journal (carnet de route) etc, selon chaque type d’atelier.

La section  » Ateliers » sur mon site http://bestherapie.com/ contient aussi plus d’Informations pratiques. Pour toute question particulière, n’hésitez pas à me contacter ici.

Le principe du groupe de soutien en thérapie est différent des principes et mode de fonctionnement des groupes d’entraide basés sur les 12 Pas (12 Steps groups).

Les groupes d’entraide –  12 Steps – créés aux Etats Unis en 1939 –   n’ont pas besoin de la présence d’un thérapeute ; ces groupes sont gratuits et composés entièrement des personnes qui ne sont pas là pour ‘guider’ les autres d’une manière professionnelle, en utilisant des outils et des méthodes thérapeutiques, mais juste pour partager le même problème et se soutenir réciproquement.

Les bénéfices et la thérapie en elle-même dans le groupe d’entraide incluent :

–          L’échange sans la peur d’être jugé

–          L’anonymat, le respect de la confidentialité

–          Obtenir du soutien et ne plus choisir comme « refuge » ou « solution » une substance ou une compulsion nuisible

–          Rencontrer et échanger ses expériences liées aux mêmes problèmes

Exemples: Outremangeurs : compulsions liées à la nourriture, AA : alcoolisme (Les Alcooliques Anonymes), Al-Anon : familles et amis des personnes qui souffrent de l’alcoolisme, NA : dépendance de la drogue, Co-dép/Co-Da: co-dépendence, EA: Emotifs Anonymes; SLAA (sex and love addiction anonymous) – Dépendence du sex et des relations amoureuses (liste complète en français sur Wikipédia).

Les groupes d’entraide, ce qu’on appelle en anglais groupes de ‘12 Steps’ ont la base –  comme le nom l’indique –  12 pas (et 12 « traditions »), qui ont été mis en place pour assurer le bon fonctionnement de chaque groupe.

Le rôle de ces 12 pas (principes) est celui de créer un environnent sain, d’entraide, de respect de l’anonymat et des valeurs de chacun, en laissant en dehors du groupe les différences entre les participants, il s’agit des différences culturelles, religieuses, personnalité etc.

Le bon fonctionnement d’un groupe de 12 Pas et son efficacité, sa cohésion dépendent du respect de ces 12 Pas généralement accepté par le groupe en créant des relations solides, de confiance et de partage empathique, d’aide mutuelle. (À voir les ressources à la fin de cet article pour plus d’information concernant la création et le fonctionnement des groupes d’entraide – 12 Steps Groups).

Ces groupes sont gratuits, non-affiliés à une Institution /  Organisation gouvernementale ou à un ONG, au média, etc

Les 12 Pas comprennent les principes liés au dépassement du déni et admettre son problème, comprendre que l’alcoolisme est une maladie, une dépendance qui est caractérisée pas des symptômes physiques / physiologies (sevrage), psychologiques et émotionnels. Ces caractéristiques montrent que la personne souffrante a besoin de soutien, d’accompagnement médicale et thérapeutique parce qu’il ne peut pas ‘contrôler’ ses compulsions ou sa dépendance tout seul ; le souhait de travailler sur soi, sur l’amélioration de ses défauts de caractère qui affecte d’une manière négative le comportement, le relationnel, la santé, les peurs, les émotions négatives font partie du conflit intérieure quotidien de la personne souffrante.

Les groupes d’entraide sont un plus, un « outil – bonus » de la thérapie spécialisée, leur efficacité aux Etats Unis est très élevée et bénéfique. Il y a
une collaboration solide entre les hôpitaux par exemple et les groupes de soutien parce que les médecins et les psychiatres peuvent recommander à la personne malade un groupe d’entraide (12 steps) dans sa région, un plus de soutien à l’aide spécialisé thérapeutique. Après la période de sevrage et le travail sur le corps, l’aspect douloureux qui reste à faire pour une récupération plus profonde de la personne souffrante c’est l’aspect psychologique car elle doit soudain confronter la réalité, ses émotions négatives (honte, colère, anxiété etc) sans utiliser l’alcool (ou la substance de son choix), sans trouver son ‘refuge’ dans une substance extérieure, mais apprendre à développer un nouveau mécanisme de survie, à  vivre avec soi, avec ses regrets, ressentiments, culpabilité, avec son passé , à se reconstruire…

Aux États-Unis, le mouvement des Alcooliques Anonymes est reconnu par la communauté scientifique et judiciaire.

 La participation aux groupes est valorisée par les employeurs et les familles. Dans chaque ville des groupes sont créés et participent aux rétablissements des personnes dépendantes à l’alcool.

En France le mouvement des Alcooliques Anonymes a fait l’objet de la méfiance (il aborde la notion de spiritualité, il ne fait pas intervenir dans le cadre du groupe un spécialiste dans le domaine de la santé, un thérapeute ou un psychiatre pour animer les groupes d’entraide). Heureusement, de nos jours, les esprits sont plus ouverts vers les groupes d’entraide et on trouve en France (à Paris surtout) des groupes AA, Outre mangeurs et autres.

Pour conclure, il semble que les principes « Un jour à la fois », « Vivre et laisser vivre » commencent à fonctionner chez nous aussi et chacun est libre d’en apprendre plus sur ce qui marche pour soi. On peut souhaiter de mieux s’informer et avancer vers des émotions, des comportements nuisibles, en gardant ses problèmes, ou au contraire, on peut choisir une vie plus équilibrée, plus saine, plus heureuse. Chacun fait son choix: s’orienter vers la solution, même si ça demande une remise en question, ou vers le problème. Le plus important : faire la liste des raisons « pour et contre » et demander de l’aide si les compulsions, les émotions négatives vous rendent la vie impossible. Il n’est jamais trop tard !